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MÉDIA ET INTÉGRISME

« Désinformer » ne rend pas service à la lutte contre les intégrismes…

Azzedine G. Mansour - 12 février 2015

 

En parcourant, lundi dernier, le « Journal de Montréal » (9 février 2015), mon attention fut attirée par une « enquête » sur l’islamisme radical au Québec et, plus particulièrement, par l’illustration qui l’accompagne (voir les images ci-dessous). Censée constituer un élément de preuve à l’appui des révélations des journalistes, cette illustration semble avoir été totalement retouchée et cache très mal l’intention de ses auteurs, voire de la rédaction tout entière. Elle est composée de trois couches successives dont la première provient vraisemblablement des archives de l’Agence France Press (la source y est mentionnée en bas, à droite). À cette première image de fond qui représente un homme à la tête enturbannée et au visage couvert rappelant l’accoutrement habituel des « combattants » du Daech (acronyme arabe d’« État islamique ») ou d’Al-Qaïda en Irak ou en Syrie, fut rajoutée celle d’un document rédigé en langue arabe. La dernière couche est constituée, quant à elle, d’un encadré de couleur rouge contenant des « extraits traduits » (identifiés de façon explicite dans un sous-titre en bleu). Enfin, une flèche rouge, elle aussi, relie les deux précédentes iconographies (le document et l’encadré) pour montrer l’emplacement exact d’où furent supposément extraits les passages traduits. Le tout laisse accroire, bien évidemment, qu’on est en présence d’un « des documents salafistes et djihadistes (…) trouvés (par les enquêteurs) sur le site » internet d’une école musulmane à Montréal. C’est du moins la conclusion vers laquelle est automatiquement orienté tout lecteur non averti, c’est-à-dire qui ne sais pas lire l’arabe.

 

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Image publiée dans le « Journal de Montréal », le 9 février 2015.

 

Toutefois, examinés de près, les extraits prétendument traduits ne concordent pas avec le contenu du document. En effet, pas un seul des passages mentionnés dans l’encadré ne trouve son équivalent dans le texte arabe. Alors que ce dernier est une introduction (muqqadima) qui traite de façon générale du djihad et décrit sommairement les « qualités » ou la « qualité » (çéfah) – pour être plus précis – d’un « soldat à la lumière (des enseignements) du Saint-Coran » (tel est d’ailleurs le titre annoncé à l’entête du texte), les « extraits » abordent plutôt des sujets complètement différents ; ils véhiculent quatre idées maîtresses auxquelles la version arabe ne fait aucunement allusion. La première, de facture ouvertement antisémite, présente les Juifs comme des « gens menteurs » et « sans parole ». La seconde, attribuée à un imam saoudien (cité nulle part dans le texte), verse dans le sexisme et soumet la femme au bon vouloir de son époux. Les deux dernières, qualifiées de « suggestions de prêche du vendredi à propos de l’école laïque » (elles n’existent tout simplement pas dans le texte original), remettent en question les systèmes éducatifs qui n’accordent aucune place à l’enseignement religieux et les accusent de chercher à corrompre l’esprit des enfants de confession musulmane en les transformant « en grands ennemis de l’islam ».

 

Cette façon de présenter, et surtout d’illustrer, les résultats d’une enquête journalistique dans une démocratie me parait pour le moins troublante ! Elle rappelle, par certains aspects, les pratiques en usage dans les agences officielles de presse sous les pires régimes totalitaires où l’on falsifiait sans scrupule les clichés à des fins de désinformation et de propagande. On se croirait revenu, en termes plus cinglants, au temps de l’Union soviétique, « une époque où, d’une simple retouche, comme l’expliquait Romain Gras dans un billet du magazine « Ça M’intéresse Histoire » (no. 23, Mars-Avril 2014, pp. 6-7), on pouvait évincer des photos officielles les « camarades » devenus gênants pour le régime en place » ou en rajouter des informations susceptibles d’accroître sa légitimité. J’exagère ici peut-être la comparaison, mais les procédés sont quasi-similaires et les gestes posés poursuivent des objectifs qui se ressemblent également. Rajouter sur une image des passages glanés ailleurs et les faire passer pour des extraits tirés d’un document rédigé dans une langue étrangère non comprise par la majorité des lecteurs d’un journal porte un nom : falsification et mensonge ! C’est comme remplacer sur un dessin la tête d’un orignal par celle d’un harfang des neiges et faire accroire à un africain non familier avec les animaux du Québec qu’il s’agit d’un chevreuil. Par ailleurs, bien plus qu’un gag de mauvais goût, un tel geste poursuit un but qui n’en dément pas : désinformer et tromper le lecteur dont la langue officielle n’est pas celle du document mis en cause… Le prendre, en d’autres termes, pour une gourde !

 

Quand elles sont pratiquées dans une démocratie, ces « bonnes vieilles méthodes » soulèvent de nombreuses questions. Sont-elles conformes à l’éthique du journalisme – fut-il engagé – qui « consiste à recueillir, comme le précise un article sur Wikipédia, vérifier ou commenter des faits réels pour les porter à l'attention du public » ? Le principe d’objectivité suffisante est ici une condition première. Il impose, en tout cas, au journaliste « une distance critique entre les faits relatés et l’interprétation » (ou les multiples interprétations) qu’il en fait. À défaut d’atteindre cette exigence pour des raisons liées à des situations compréhensibles, telles que l’urgence de la publication ou la complexité des faits rapportés, etc., celui-ci est soumis à des règles d’éthique et dispose généralement de « précédés rédactionnels » lui permettant de neutraliser, sinon de masquer tout au moins sa subjectivité tant sur la forme que sur le fond. Parmi ces procédés, faut-il rappeler que, peu importe le parti pris du journal ou de l’engagement du journaliste et son souci du bien commun, « le choix des aspects traités ou passés sous silence, l'ordre adopté dans la succession des informations, la sélection et la hiérarchisation des faits, le choix des sources d'information et des illustrations, le recours à des énoncés explicites ou implicites », la définition des concepts véhiculés, etc., pourvus qu’ils aient été clairement annoncés, sont susceptibles d'influencer l'interprétation des lecteurs et faciliter leur compréhension des faits. Ne pas recourir à ces procédés dénote une certaine forme d’amateurisme dans l’exercice de la fonction de journaliste et faillir aux règles les plus élémentaires qui régissent ce métier mine la crédibilité de l’information livrée au lecteur et porte atteinte à la réputation du journal qui la publie !

 

Une autre question non moins importante mérite également d’être posée. Elle concerne tout particulièrement l’utilité, le choix et la nature de l’illustration destinée à accompagner tout article factuel. En général, celle-ci joue un rôle de complément d’information, voire d’élément de preuve publié pour corroborer les faits révélés. Il doit, en principe, contribuer à l’effort d’ « objectivation » au sens que lui donne Roland Barthes et auquel est contraint tout journaliste épris de rigueur et de probité. Il serait pour le moins incongru qu’en rédigeant un article traitant des éléphants ou des girafes, celui-ci décide d’illustrer son propos en y incorporant une image de zèbres ou d’hippopotames avec l’intention manifeste de faire passer les uns pour les autres. Est-il nécessaire d’user d’un tel artifice – pour ne pas dire recourir à une telle imposture – uniquement pour diffuser un message, le sien ? Toute illustration, qui se veut représentative d’un fait, comporte en elle un double sens : un sens dénotatif auquel vient se greffer inlassablement un sens connotatif lié à sa nature même d’objet perçu. Hormis les retouches cosmétiques habituelles pour la rendre lisible, elle n’a pas besoin d’être falsifiée pour faire véhiculer un message. Elle en porte déjà plusieurs que le lecteur est en mesure de décoder et de lire en se référant sans cesse à sa propre réserve de signes, comme le précisait Barthes. Ne dit-on pas – et à juste titre – qu’« une image vaut mille mots » ?

 

Cela dit, une attitude aussi exécrable n’a pas sa place dans un climat où la lutte contre les intégrismes devient une urgence. Elle est contre-productive en ce sens qu’elle porte préjudice à la crédibilité des honnêtes gens qui, ici comme ailleurs dans le monde, tentent de mettre en échec ces idéologies obscurantistes. On ne triomphera pas en combattant le mensonge par le mensonge ! Il faut, au contraire, montrer à ces barbares égarés, qui exaltent le retour à une ère mythique révolue par le sang et la violence, et ceux qui seraient tentés de les suivre dans leur folie intégriste, que la démocratie dont on défend les valeurs et vante les vertus est un modèle avec lequel l’islam prêché par le Prophète Muhammed n’est pas incompatible…

 

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La page intégrale de l'enquête

 

Mots-clés : média, intégrisme, objectivité, islamisme radical, information, désinformation, falsification,..,

 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, « "Désinformer" ne rend pas service à la lutte contre les intégrismes », in : Libres Expressions, 12 février 2015 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/media-et-integrisme).

 


12/02/2015
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ALGÉRIE - SAHARA : quand la France nous empoisonnait la vie...

Azzedine G. Mansour - 16 février 2014

 

On se souvient tous du scandale entourant les tests d'armes chimiques et biologiques que la France testait en Algérie après l'indépendance... Vers la fin des années 1990, "Le Nouvel Observateur" (no. 1720, 23 au 29 octobre 1997, pp. 10-18) [1] avait consacré à ces essais une enquête d'une dizaine de pages très documentées où l'on apprenait qu'ils ont continué sur une base secrète 16 ans après la fin de la guerre de libération en 1962. Menés sous la bénédiction des plus hauts responsables du pays, ces essais cachaient trois mensonges d'État... "D'abord, comme le notait Vincent Jauvert, journaliste et auteur de l'enquête, depuis 1945, la France a toujours nié avoir procédé où que ce soit à des expérimentations d’armes chimiques à l’air libre. Ensuite, Paris et Alger ont toujours affirmé que les dernières bases militaires françaises en Algérie avaient été fermées en 1968. Enfin, les accords d’Evian, qui ont scellé l’indépendance du pays, avaient été publiés incomplets…". Faut-il rappeler ici qu’une annexe à ces accords avait été tenue secrète et renouvelée deux fois de suite : en 1967 et en 1972. Elle concerne un centre ultrasecret d’expérimentation d’armes chimiques et biologiques (nom de code : B2-Namous), probablement le plus vaste au monde après ceux de Russie. Situé au nord du Sahara algérien, près de la ville de Beni-Wenif (nord-est de Colomb-Béchar), il couvre un territoire de forme polygonale de plusieurs milliers de kilomètres carrés (100 kilomètres de long par 60 de large, selon les spécialistes). Il faisait partie des cinq sites stratégiques (Reggane, In-Ekker, Colomb-Béchar et Hammaguir pour les essais nucléaires et spatiaux ; B2-Namous pour les essais d’armes chimiques et bactériologiques) conservés par la France en Algérie quelques années après son indépendance.

 

Après à ces révélations, on pensait que la base "B2-Namous" était l’un des rares secrets que Paris partageait avec les capitales de ses anciennes colonies africaines. Erreur ! Le quotidien français "Le Parisien" vient d’en dévoiler un autre qui fait froid dans le dos. En effet, dans son édition du 14 février 2014 (p. 14) [2], il a publié une enquête [3] de Sébastien Ramnoux sur les essais nucléaires français de Reggane au début des années 1960 et l’étendue de leurs retombées radioactives (voir carte ci-dessous). Dans cet article, intitulé : "le document choc sur la bombe A en Algérie", on y apprend que, selon une carte classée secret-défense par l'armée française pendant des décennies et déclassifiée dans le cadre d’une enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d'essais nucléaires français (dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970), les retombées radioactives du tir de la "Gerboise bleue" (tel était le nom de code de la bombe testée) ont recouvert toute l'Afrique du Nord et même subsaharienne. Mieux encore, treize jours plus tard, ces retombées, qui dépassaient largement les normes admises dans certains endroits (à Arak, près de Tamanrasset, où l'eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N'Djamena), se sont propagées encore plus loin vers le nord et ont atteint les côtes espagnoles et la moitié de la Sicile…

 

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Cela dit, il est inadmissible qu’aujourd’hui, la France officielle continue à nier les conséquences désastreuses de ses essais en Algérie et ailleurs en Afrique. Il est temps qu’elle reconnaisse également les crimes qu’elle a commis en toute impunité à l’égard des habitants des zones où ces essais ont eu lieu car, contrairement à ce qu’elle a toujours soutenu, ces zones du Sahara n’étaient pas inhabitées. "Il y avait (là) des dizaines de villages peuplés de milliers d’habitants", comme tenait à le rappeler Fatima Benbraham, avocate au barreau d’Alger, qui défend les Algériens victimes de ces essais nucléaires : "des gens, dit-elle, qui ont été exposés à l’époque, mais aussi leurs enfants, les nomades des caravanes qui, depuis des décennies, ont traversé ces zones radioactives, les appelés de l’armée nationale qui ont fait leur service militaire dans ces régions…" En somme, ce sont des dizaines de milliers de victimes potentielles qui souffrent de maladies caractéristiques des radiations, tels que le diabète, la leucémie, la stérilité, les affections de la thyroïde, etc.

 

Notes

 

[1] Le dossier, qui lève le voile sur ce site longtemps gardé secret des deux côtés de la Méditerranée peut être consulté ou téléchargé à partir de l’adresse web suivante : https://archive.org/download/QuandLaFranceTestaitDesArmesChimiqueEnAlgerie/le_nouvel_observateur_1720_23-29-10-1997_testes_francais_en_lalgerie_1978.pdf.

[2] Pour lire l’enquête parue dans « Le Parisien » (14 février 2014), suivez le lien ci-dessous : http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-document-choc-sur-la-bombe-a-en-algerie-14-02-2014-3590523.php.

[3] Cette enquête a été republiée dans "El Watan" du 15 février 2014 ; disponible en ligne à l'adresse suivante : http://www.elwatan.com/actualite/essais-nucleaires-de-reggane-revelations-compromettantes-pour-la-france-15-02-2014-245816_109.php.

 

Mots-clés : Bombe A, Essais nucléaires, Armes chimiques, B2-Namous, France, Sahara, Algérie, Afrique,...

 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, "Quand la France nous empoisonnait la vie...", in : Libres Expressions, 16 février 2014 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/algerie-sahara-quand-la-france-nous-empoisonnait-la-vie).


16/02/2014
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Incubateur pour « bolés » au large de Silicon Valley…

Azzedine G. Mansour – 27 novembre 2012

 

La maxime qui dit que « l’innovation n’a pas de frontières » risque d’être concrétisée dans un an ou deux. En tout cas, une jeune société américaine, appelée « Blueseed », y songe sérieusement. Elle est en train d’étudier le lancement d’un projet pour le moins audacieux et innovateur, baptisé « Atoll ». Il s’agit de la mise sur pied d’une sorte d’ « incubateur » pour jeunes talents venus de partout à travers la planète et cohabitant ensemble sur un navire stationné non loin de la Silicon Valley, à 12 milles nautiques environ (soit 22 kilomètres) au large de la côte ouest américaine, au sud de la baie de San Francisco. L’objectif de ce projet est d’ouvrir grande la porte d’entrée à cette région des États-Unis. Les start-up bénéficiaires de ce cadre n’auraient donc besoin d’aucun visa de travail puisque le navire qui leur sert de milieu de vie serait ancré dans les eaux internationales. Un simple passeport et un visa de tourisme seront largement suffisants pour que des jeunes « bolés », peu importe leurs nationalités, puissent venir s’y installer. Une façon très ingénieuse – c’est le moins que je puis dire – pour attirer non seulement la matière grise du monde entier, mais des investissements aussi vers ce qui est considérée, et à juste titre, comme étant la « terre promise » par excellence de l’innovation.

 

 

Projet d’incubateur pour start-up, baptisé « Atoll » de la firme américaine Bleuseed.

Source : Gabriel Siméon, « Dans un an, la Silicon Valley largue les amarres », in : Libération, 5 nov. 2012, p. 24.

 

À bord de cet incubateur auquel sont déjà inscrits plus de 1000 entrepreneurs issus de soixante pays différents, la vie est organisée comme dans un grand pensionnat d’environ 1 200 lits. Chacun dispose d’une cabine partagée ou individuelle, d’un espace de travail et d’un accès à une salle de gym. Plusieurs d’autres commodités (restaurants, cafés, salles de loisirs, etc.) sont également prévues. Les loyers mensuels, fixés entre 1 200 et 3 000 dollars restent très compétitifs par rapport à ceux des appartements et des espaces de coworking en cours à San Francisco, comme le rapporte Gabriel Siméon dans un article consacré à ce projet et publié dans le quotidien français « Libération » (5 nov. 2012, p. 24)…

 

Pour plus de détail, consulter l’article en question à l’adresse suivante :

http://www.liberation.fr/economie/2012/11/04/dans-un-an-la-silicon-valley-largue-les-amarres_858021

 

Mots clés : projet « Atoll », Blueseed, Silicon Valley, San Francisco, innovation, incubateur, entrepreneurs,…

 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, « Incubateur pour « bolés » au large de Silicon Valley », in : Libres Expressions, 27 novembre 2012 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/blog/lire-article-501249-9650723-incubateur_pour___boles___au_large_de_silicon_vall.html).


28/11/2012
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Le très juteux commerce d'armes lourdes...

Azzedine G. Mansour - 17 novembre 2012

 

Si l'on se fie aux données du dernier rapport (2012) de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), le marché des armes semble être totalement épargné par la crise économique qui secoue le monde depuis quatre ans. D'une part, on estime que 29.9 milliards de dollars d'armes lourdes auraient été échangés en 2011. D'autre part, on évalue à plus de 24 % l'augmentation du volume des transactions dans ce secteur très lucratif entre les périodes 2002-2006 et 2007-2011 (de 103.7 à 128.3 milliards de dollars).

 

Par ailleurs, on remarque que les États d’Asie et d’Océanie, à eux seuls, avaient acquis près de la moitié de toutes les armes lourdes écoulées sur la planète entre 2007 et 2011. Les cinq premiers acheteurs (Inde, Corée du Sud, Pakistan, Chine et Singapour) auraient dépensé presque 40 milliards pour leurs arsenaux respectifs. L'Algérie figurent parmi les dix premiers importateurs au monde. Son volume d'achat tournait autour des 4.6 milliards de dollars entre 2007 et 2011. Elle occupe le 7ème rang de ce top 10 avant la Grèce (4.3), les Émirats arabes unis (4.3) et l'Arabie saoudite (3.5).

Les graphiques ci-dessous, publiés dans le quotidien français "Le Monde" (18 nov. 2012, Cahier : Géo & Politique, p. 7), illustrent l'ampleur de ce transfert d’armes à l'échelle mondiale. Un phénomène de plus en plus inquiétant pour la paix mondiale !
Mots clés : commerce, armes lourdes, Asie, Océanie,...
Pour citer cet article :
Azzedine G. Mansour, "Le très juteux commerce d'armes", in : Libres Expressions, 17 novembre 2011 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/blog/lire-article-501249-9635146-le_tres_juteux_commerce_d_armes_lourdes___.html).

18/11/2012
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Les mutants de Fukushima

Azzedine G. Mansour – 27 août 2012

 

L’homme est fortement amnésique. Il n’apprend absolument rien de ses erreurs du passé. En dépit des effets largement documentés des radiations nucléaires, il continue à exploiter tout de même cette énergie mortelle. Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945) et la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986) n’auraient apparemment servi à rien si l’on compte les retombées dramatiques de la récente tragédie que le Japon a dû vivre suite au tsunami dévastateur du 11 mars 2011 et l’endommagement qui en résulta des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima Daiishi. Outre les victimes humaines que de telles catastrophes font, c’est tout l’équilibre écologique qui en est modifié. Une équipe de biologistes de l’Université de Ryukyu, sur l’île d’Okinawa, vient d’en faire la preuve. Évaluant les conséquences des émissions radioactives sur les Zizeeria maha, une espèce de petits papillons très répandus dans l’archipel japonais, cette équipe s’est rendu compte que, sur une distance de plus de 200 kilomètres de la zone accidentée, cette espèce présente d’inquiétantes malformations : 12 % de l’échantillon observé ont subi des transformations morphologiques, notamment des atrophies des ailes, des modifications  des motifs et des couleurs, des déformations des yeux, et j’en passe ! Bien pire que de simples mutations touchant exclusivement les générations exposées aux radiations, le phénomène se révèle beaucoup plus dramatiques dans la mesure où l’étude, dont les résultats sont publiés dans la revue en ligne Scientific Reports a révélé que les transformations observées se transmettraient génétiquement aux générations suivantes. En effet, parmi les petits nouveaux développés en laboratoire, 18 % sont malformés. Cette proportion atteint les 34 % parmi la génération suivante. Pire encore, l’on apprend que ces anomalies ne restent pas constantes. Elles s’aggravent et se diversifient au fil des reproductions et ce, malgré des croisements effectués entre spécimens mutants et sujets sains.

 

Source : Pauline Grand D’Esnon, « Les papillons mutants de Fukushima », in : VSD, № 1826, 23 au 29 août 2012, pp.34-35.

 

Outre l’aspect inquiétant de ces mutations qui devraient faire réfléchir l’homme quant aux énormes risques qu’il prend en exploitant l’énergie nucléaire, les réalisateurs de films de science-fiction trouveraient certainement dans cette étude assez de substances pour alimenter leur imagination. De petites bestioles transformées en monstres sous l’effet des ondes radioactives et menaçant la survie de l’espèce humaine sur une terre devenue de plus en plus polluée risquent de constituer le thème central des séries Z à l’avenir !

 

Pour plus de détails, lire l'article ci-dessous :

 


 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, « Les mutants de Fukushima », in : Libres Expressions, 27 août 2012 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/blog/lire-article-501249-9497203-les_mutants_de_fukushima.html).

 

 


27/08/2012
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