Libres Expressions

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Eloge à New York

Azzedine G. Mansour - 14 septembre 2012

 

Dans son « Voyage au bout de la nuit » (1932), Louis-Ferdinand Céline décrivait en termes fort évocateurs la ville de New York : « Pour une surprise, écrivait-il, c'en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous... Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur. »

 

C’est à cette verticalité entre autre, symbole par excellence d’une « ville debout » à tous points de vue, que les auteurs des attentats du 11 septembre 2001 se sont sauvagement attaqués. Leur crime abjecte ne laissait subsister aucun doute quant à leur réelle intention : ils cherchaient à la mettre à genoux, la faire allonger par terre et, avec elle, bien évidemment l’Amérique tout entière... Mais, New York n’est pas cette cité qui déclare aussitôt forfait ou abdique trop facilement à la moindre attaque. Elle n’en a d’ailleurs pas le droit car, bien plus qu’une métropole, la plus grande de tout le continent, elle est la « capitale du monde » sur lequel son influence est significative à plusieurs égards. Tout comme Rome l’était au sommet de sa gloire, New York brille de tous ses feux. Commerce mondial et finance, médias et divertissements, musique, mode, arts et architecture, recherche, technologie et éducation, etc., pas un secteur n’échappe en fait à son dynamisme et son rayonnement.

 

Très vite, la « Big Apple », comme aimait bien l'appeler John J. Fitz Gerald, s’est remise de ses blessures et, en très peu de temps également, elle a réussi son pari : se redresser plus que jamais en retrouvant aussi bien ses tours que sa silhouette d’antan. Aujourd'hui, avec son « One World Trade Center » (à gauche sur la photo) qui culmine à 387 mètres, c’est un magistral « doigt d’honneur » qu’elle tend désormais en direction de ses ennemis et adversaires…

 

Source : S. L., « Manhattan a retrouvé ses tours », in : VSD, № 1829, 13 au 19 septembre 2012, pp. 8-9.

 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, « Éloge à New York », in : Libres Expressions, 14 septembre 2012 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/blog/lire-article-501249-9529983-eloge_a_new_york.html).



15/09/2012
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