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Métissage des humains : une réalité très ancienne...

Azzedine G. Mansour – 12 août 2013


Tout comme aujourd’hui où le brassage des populations est un phénomène de plus en plus répandu, aux époques reculées où plusieurs espèces humaines coexistaient, un métissage entre notre propre espèce, celle des Homo sapiens, et d'autres humains archaïques a sans doute eu lieu. Longtemps nié par l’homme moderne, un tel métissage est devenu, grâce aux avancées de la recherche génétique, une évidence. Non déplaise aux farouches défenseurs des races pures, de nombreux scientifiques pensent que, sans ce métissage, nous aurions probablement connu une tout autre destinée...


Dans un article, publié dans le magazine "Pour La Science" (no. 430, Août 2013, pp. 58-64 ; résumé disponible en ligne à : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-le-metissage-des-especes-humaines-31751.php), Michael Hammer aborde cette question d’hybridation "qui pourrait être, selon lui, à l'origine du succès même de notre espèce". Il faut dire que, depuis les débuts de l'étude du génome humain, au cours des années 1980, une théorie dominante fait de plus en plus l'unanimité chez les scientifiques. Jusque-là, on pensait qu’Homo Sapiens, espèce d’origine africaine, avait remplacé tous les humains archaïques qui vivaient sur terre successivement sur le continent africain et en Eurasie. La génétique montre qu’en fait, depuis leur apparition en Afrique, il y a quelque 200 000 ans, et tout au long de leur migration vers d’autres régions du globe, notamment vers l’Eurasie, les Homo Sapiens n’ont cessé de se métisser avec les formes humaines archaïques (Homo neanderthalensis, Home floresiensis, etc.) qu’ils croisaient au cours de leur expansion. Ils auraient donc profité des gènes de ses formes, qui étaient très bien adaptées à leurs environnements respectifs, pour mieux s’intégrer, eux aussi, à leurs nouveaux milieux de vie et finir par les supplanter progressivement partout sur la planète.

PLS430_pp.60-66.jpgIllustration : les trois théories expliquant l’origine de l’Homo Sapiens.

Source : Michael Hammer, « Le métissage des espèces humaines », in: Pour La Science, no. 430, Août 2013, pp. 58-66.

 

Cette façon de concevoir notre évolution, qui se rapproche plus ou moins de la "théorie de l’assimilation", remet radicalement en question le fameux "modèle de remplacement africain" qui dominait en préhistoire depuis plus de 25 ans (voir l'illustration ci-dessus). Il faut dire que les progrès rapides qu’a connus le séquençage de l’ADN depuis les vingt dernières années en ont largement contribué. Grâce à cette avancée, en effet, nous savons maintenant que nous portons tous, dans notre ADN, une part de l’ADN d’autres espèces humaines plus anciennes. Selon des études génétiques récentes, l’ADN des non-africains actuels, à titre d’exemple, contient 1 à 4 % d’ADN néandertalien.

 

Mots-clés : Homo Sapiens, métissage, hybridation, Afrique, Eurasie, ADN, génétique, paléontologie humaine,…

 

Pour citer cet article :

 

Azzedine G. Mansour, « Métissage des humains : une réalité très ancienne... », in : Libres Expressions, 12 août 2013 (http://azzedine-gm.blog4ever.com/blog/lire-article-501249-10191672-metissage_des_humains___une_realite_tres_ancienne_.html).



12/08/2013
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